Numérique : son influence sur l’environnement et comment la limiter

A l’ère du numérique, tout semble simplifié. Des échanges à la recherche d’informations, en passant par les vidéos regardées pour se divertir ou la musique écoutée en streaming. Internet a certes limité l’usage de papier pour l’envoi de courrier ou de documents administratifs, le Danemark faisant office de premier de la classe en digitalisant l’ensemble de ses procédures, son fonctionnement n’en nécessite pas moins de l’énergie. Beaucoup d’énergie. 

D’après l’étude Clicking Clean publiée en 2017 par Greenpeace, la consommation mondiale en électricité du secteur des technologies de l’information s’élevait à 7% de la consommation totale en 2012, pour atteindre au moins 12% en 2017 et augmenter d’au moins 7% par an d’ici 2030. Devant ces chiffres alarmants, il est important de s’interroger sur ce qui consomme tant d’énergie.

D’après le graphique, les composantes les plus énergivores sont les data centers (47%), l’alimentation du réseau (20%) et des appareils électroniques (15%) et enfin l’industrie des technologies de l’information (18%). En considérant le secteur comme un Etat indépendant, il aurait été le troisième consommateur d’énergie au monde en 2012

Dans son étude, Greenpeace a voulu montrer l’importance du problème et le rôle à jouer des géants du numérique, tels que Google, Apple ou Facebook. Ces acteurs économiques sont non seulement responsables d’une partie non négligeable de la surconsommation d’électricité liée au numérique mais ils sont également des influenceurs clés. Les résultats de l’étude montrent que, depuis 2012, notamment ces trois grands noms ont revu leur politique énergétique et ce pour trois raisons principales : 

  • Le prix des énergies renouvelables est devenu très compétitif alors que l’incertitude liée au volume et à l’accès des énergies fossiles rend leur prix très volatile et relativement moins attractif ;
  • L’image de marque est bien sûr décisive puisque 90% des consommateurs disent faire attention au respect des questions environnementales et sociales dans leur choix de consommation ;
  • L’intérêt croissant des Etats, des institutions mais également du secteur privé sur leur empreinte écologique ne se limite plus seulement à des projets de limitation. Nombre d’entre eux calculent précisément le volume de leur rejet et cela en transparence, même si l’étude montre des réfractaires sur ce point, notamment Amazon Web Services. 

Que faire à l’échelle des utilisateurs ? 

La production est un point essentiel afin de limiter le poids environnemental du numérique mais, avec 4,7 milliards d’internautes à travers le monde, le poids de son utilisation quotidienne reste non négligeable. 

La question de l’obsolescence programmée des appareils est une problématique qu’il est possible de contourner en les choisissant avec attention. Chez Fairphone, par exemple, la durabilité et le recyclage des pièces des téléphones ainsi que l’éthique des conditions de travail de leurs employés sont les caractéristiques phares de leur politique. Acheter d’occasion ou passer par des sites d’aide à l’auto-réparation de ses appareils tels que I Fix It sont également des solutions.

Néanmoins, le meilleur moyen de réduire son empreinte environnementale est de changer ses habitudes, en apparence anodines : 

    • Vider régulièrement sa boîte mail pour ne garder que l’essentiel et limiter les spams ;
    • Lors de l’envoi de mail, limiter les destinataires et le poids des pièces jointes ; 
    • Utiliser l’adresse exacte, si connue, du site pour ses recherches et l’ajouter à la barre des favoris plutôt que de passer par des moteurs de recherche ;
    • Préférer les clés USB et disques durs externes au cloud pour sauvegarder ses données ;
    • Limiter l’usage du streaming dont le simple visionnage rejette plus de CO2 que la fabrication, le transport et la lecture d’un DVD ;
    • Débrancher sa box le soir. 

Une prise de conscience concernant la consommation d’énergie du numérique est nécessaire puisqu’elle n’a rien de virtuel. Greenpeace semble se satisfaire de la tendance que suivent les géants de la branche mais c’est bien dans l’utilisation quotidienne des internautes que se joue la part la plus importante de l’empreinte carbone mondiale. L’enjeu n’est donc pas de choisir ou non Internet mais de se tourner vers des pratiques plus responsables qui demandent moins d’efforts que d’aller au travail à vélo ou de consommer bio.

 

Bibliographie et webographie

Bordage, F. (2015). Comment réduire l’empreinte environnementale du web. Consulté le 23 mai 2019, sur Green It: https://www.greenit.fr/2015/06/04/comment-reduire-l-empreinte-environnementale-du-web/

Greenpeace. (2017). Clicking Clean: Who is winning the race to build a green Internet. Washington D.C.: Greenpeace Inc.

Hutchison, L. (2018). Le numérique écologique, c’est possible ? Zoom sur les éco-gestes web ! Consulté le 23 mai 2019, sur cerdd.org: http://www.cerdd.org/layout/set/embed/Parcours-thematiques/Biodiversite/Ressources-biodiversite/Le-numerique-ecologique-c-est-possible-Zoom-sur-les-eco-gestes-web

Internet World Stats. (2019). Consulté le 25 mai 2019, sur https://internetworldstats.com/stats.htm1

Article écrit par Marie CollinetMaster Caweb

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