L’éco-conception

De nos jours, le numérique fait partie de notre quotidien. Nous sommes tous touchés, de près ou de loin par cette technologie. La jeune génération quant à elle, n’imagine pas sa vie sans internet ni smartphone équipé de wifi. Les moteurs de recherches ou les réseaux sont en constante évolution et amélioration. Toutefois, l’idée de concevoir des bâtiments plus écologiques et de réduire la consommation d’énergie dans les grandes villes étant omniprésente, la question de l’éco-conception se pose.

Comment créer des sites web plus éco-responsables ?

web et écologie, l'éco-conception, photo d'un ordinateur au pied d'un arbre

En 2019, le World Wide Web ou « la toile large comme le monde » lancé par Tim Berners-Lee en 1989 a fièrement fêté ses 30 ans d’existence. « En 2019, nous sommes connectés en moyenne six heures par jour. Les sites les plus consultés sont Google, YouTube, Facebook, qui revendiquent 2,3 milliards d’utilisateurs actifs. Trois sites pornographiques se hissent aussi dans le top 20. Mais l’usage le plus courant est de parcourir les sites marchands. Neuf personnes sur dix s’y rendent chaque mois. Résultat : le e-commerce pèse 60 000 milliards de dollars en 2019, selon les chiffres de l’ONU. C’est trois fois plus que le PIB des États-Unis. »[1].

Selon Frédéric Bordage, auteur de l’ouvrage « Eco-conception web : les 115 bonnes pratiques : Doper son site et réduire son empreinte écologique », l’empreinte environnementale des sites web explose. Afin d’en réduire l’effet écologique et d’en améliorer les performances, il existe quelques bonnes pratiques à mettre en place lors de sa conception :

L’hébergement dans l’éco-conception

Il existe aujourd’hui de plus en plus d’hébergeurs verts sur le marché. Par exemple, aux États-Unis, la société AISO est la première à détenir un « data center » entièrement alimenté grâce à l’énergie solaire. En France, la société Ikoula se lance dans la course au « vert » en établissant un contrat avec l’entreprise EDF, afin de n’utiliser que l’électricité générée par les énergies renouvelables. Au fil des années et suite aux progrès techniques, les coûts de production de l’énergie verte sont en baisse, ce qui les rend plus accessibles. C’est pourquoi il est désormais possible d’opter pour un choix plus responsable et durable pour l’environnement.

Le développement technique dans l’éco-conception

Lorsque l’on parle de développement technique, cela sous-entend réduire l’utilisation de ressources. Il est ainsi conseillé d’utiliser un Framework, de limiter le nombre de requêtes HTTP et de minifier le code dans les fichiers CSS/JavaScript.

Selon l’étude « Energy Efficiency Across Programming Languages », menée par six chercheurs de trois universités portugaises, certains langages de programmation sont plus verts que d’autres. Pour les développeurs soucieux de la pollution numérique, voici un top 5 des langages qui consomment moins d’énergie : – C, Rust, C++, Ada et Java. À l’inverse, il en existe des beaucoup plus voraces comme Perl, Python, Jruby et Lua [2].

De nombreux outils sont à la disposition des développeurs afin de les aider dans leur démarche verte. « UnCSS Online ! » permet de ne garder que l’essentiel du fichier CSS utilisé ou « infowebmaster » qui quant à lui a pour but de compresser un fichier JavaScript. En d’autres termes, minifier un code permet à la fois d’augmenter la performance du site, et de le rendre plus léger [3] et par conséquent plus écologique. Dans le monde du digital d’aujourd’hui, la vitesse de chargement d’un site web est très importante du point de vue de l’utilisateur, « à l’ère de la 4G et de la fibre, nous sommes de moins en moins tolérants et patients lorsqu’une page ne s’ouvre pas dans les 2 ou 3 secondes. Notre niveau d’exigence s’est accru avec le temps. […] les mobinautes sont encore plus impitoyables » [4]faute d’optimisation, un site beau, mais trop lent ne sera même pas consulté par les internautes.

La conception et le design

Pour faire de l’éco-conception, la conception et le design jouent un rôle décisif et impactent directement la consommation d’énergie.

L’ergonomie est une étape clé lors de la conception d’un bon site web. D’après Alain Wisner, pionnier de l’ergonomie en France dans les années cinquante, l’ergonomie repose sur « la mise en œuvre des connaissances scientifiques relatives à l’Homme nécessaire pour concevoir des outils, des machines et des dispositifs qui puissent être utilisés avec le maximum de confort, de sécurité et d’efficacité » 5 Un site ergonomique se doit donc d’être efficace et de disposer d’interfaces faciles à utiliser. Parmi les conseils d’or donnés par les webdesigners : la simplicité et la cohérence sont les maîtres mots de la réussite.[6]

Un site web dépourvu de pages superflues, de contenus non pertinents ou de boutons inutiles sera naturellement plus écologique qu’un autre site non optimisé.

Une fois la conception du site web bien réfléchie, le webdesigner s’occupera de tout l’aspect graphique, les animations, la typographie, etc…

Lorsqu’elles concernent des projets conséquents, ces étapes peuvent correspondre à l’Expérience Utilisateur (UX) où « la recherche de l’équilibre entre les différents éléments […] est capable de répondre à un besoin précis de l’utilisateur » [7] et l’Interface Utilisateur (UI).

Rédigé par Shu-Min Huang

Sources (cliquez
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Source [1]
Source [2]
Source [3]
Source [4]
Source [5]
Source [6]
Source [7]

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