Les dangers des réseaux sociaux : l’exemple de Facebook

A l’heure de la fin de la neutralité du net aux Etats-Unis, de la reconnaissance faciale et des mises en demeure par la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés), les réseaux sociaux se retrouvent au cœur de l’actualité, notamment Facebook, qui fait l’objet d’un scandale pas comme les autres. En effet, pour la première fois, des anciens employés témoignent de l’effet néfaste du produit qu’ils ont contribué à développer. Mais alors, que reproche-t-on à Facebook et autres réseaux sociaux ?

Les dangers des réseaux sociaux

Le respect de la vie privée

L’éternel problème du respect de la vie privée des utilisateurs ! Facebook est un groupe immense et possède plusieurs filiales, accusées par la CNIL de transmettre des informations sur ses utilisateurs à d’autres entités Facebook.

En 2016, WhatsApp a changé ses conditions d’utilisations et la France n’a pas été la première à avoir élevé la voix. Le Royaume-Uni et l’Allemagne ont interdit ces pratiques de partage des données à des fins de ciblages publicitaires. Depuis, WhatsApp a tenté de se justifier en promettant que les données n’avaient été utilisées qu’à des fins sécuritaires et pour l’amélioration des services proposés.

Cependant, la CNIL accuse WhatsApp de ne pas être en règle avec la loi Informatique et Liberté (1978) et d’un manque de coopération dans le processus de mise en règle. Ainsi, la CNIL considère que le “consentement” des utilisateurs recueilli par l’application pour le traitement des données ne s’appuie sur aucune base légale et n’a aucune valeur juridique.

Plusieurs réseaux sociaux se sont aussi retrouvés dans le même cas de manquement au respect de la vie privée des utilisateurs, en France, ou ailleurs, comme Tinder, Twitter, Snapchat, etc… Le débat se fait même encore plus vif alors que Facebook a annoncé le prochain développement de la connexion grâce à la reconnaissance faciale, qui, selon l’entreprise, améliorerait la sécurité de ses utilisateurs.

Des outils d’influence

Réseaux sociaux et politique

Ces derniers mois, en particulier durant la campagne présidentielle américaine de 2016, Facebook s’est vu accusé d’avoir servi de plateforme d’influence politique.

Aujourd’hui, la plupart des utilisateurs des réseaux sociaux reçoivent leurs “news” par le biais de petites publicités qui s’affichent sur leurs murs, par le biais de ce que leurs amis partagent, ou sur les stories Snapchat. Ainsi, ce qu’on reproche, notamment à Facebook, mais aux réseaux sociaux en général, c’est que les algorithmes utilisés pour filtrer les pubs ne font pas la différence entre les “real news” et les “fake news” ; ils ne filtrent pas toujours les publications à contenu diffamatoire. Ils privilégient les contenus qui suscitent de fortes réactions (likes ou partages).

Donald Trump en a fait une polémique durant sa campagne, en accusant les médias télévisés américains de diffuser des “fake news” sur lui et sa campagne. Et bien que dans le cas de Donald Trump, on est en droit d’avoir des doutes, les “fausses informations” sont bien à prendre au sérieux. Les réseaux sociaux en regorgent. Ce sont souvent des nouvelles auxquelles les internautes réagissent en masse et qui donc, se font une place de choix sur le mur des concernés.

De plus, ces contenus publicitaires peuvent être diffusés par “n’importe qui”. Comprenez : vous pouvez vous créer un faux compte pour participer à la diffusion de ces contenus. C’est ce qui avait été reproché à la Russie lors de l’élection américaine. Et, en effet, dix mois après l’élection, Facebook a révélé que 470 comptes avaient été créés afin de diffuser du contenu en faveur de Donald Trump.

Une question se pose alors : l’internaute ne peut-il pas faire preuve d’un peu de bon sens ? Et bien, selon l’ancien employé Facebook Chamath Palihapitiya, la réponse n’est pas aussi simple qu’on ne le croit.

Les “bulles de filtres”

Mr. Palihapitiya fait partie des employés dont le témoignage a fait surface début décembre 2017 et a rapidement fait le tour du monde.

Dans cette vidéo, il dit se sentir coupable d’avoir participé à l’élaboration d’”outils qui déchirent le tissu social”. Il s’appuie aussi sur de récentes études qui disent que les réactions aux publications (likes, partages, retweet, coeurs, etc…) participent à des “boucles de réaction basées sur la dopamine”, substance responsable de l’addiction. Ainsi, selon lui, les réseaux sociaux “détruisent la société”. Les utilisateurs sont devenus dépendants du contenu qu’ils postent, du contenu auquel ils réagissent.

De plus, il accuse les fondateurs des réseaux sociaux les plus célèbres (Mark Zuckerberg pour Facebook ou Kevin Systrom pour Instagram) de savoir ce qu’ils faisaient et d’avoir exploité ce qu’ils voyaient comme une faille dans la psychologie humaine pour vendre leurs produits. Facebook a rétorqué que, au contraire, leur entreprise servait avant tout à resserrer les liens entre les humains.

Selon Eli Pariser, les réseaux sociaux tendent à enfermer les internautes dans des “bulles de filtres”. C’est à dire que les algorithmes sont construits de telle manière que le contenu qui nous est montré est celui qui a généré le plus de réaction sur notre cercle social. L’algorithme de Facebook génère par exemple les publications de nos murs par rapport à ce qui est le plus populaire dans un certain cercle d’amis. Ainsi, les utilisateurs n’ont pas accès à d’autres opinions que les leurs, puisque, généralement, on a tendance à s’associer à ceux qui partagent nos idées.

C’est ainsi que Facebook est accusé de participer à la diffusion d’idées radicales ou, par exemple, à la diffusion de soutiens à un certain candidat à la présidence américaine plutôt qu’à un autre.

Quelles solutions ?

Facebook et les autres réseaux sociaux ont bien été obligés de rétorquer à toutes ces accusations et, le moins qu’on puisse dire, c’est que le problème est délicat.

Pour ce qui est de Facebook, la société a annoncé avoir augmenté le nombre de modérateurs de publications. Ainsi, le nombre de publications à caractère diffamatoire ou les fake news devraient diminuer. Les publications servant à montrer des meurtres ou des suicides devraient également se faire plus rares, elles qui avaient fait scandale début 2017.

De plus, Facebook se veut réseau social et non pas média. Il est donc difficile de “choisir” son contenu éditorial. Ce n’est pas aux dirigeants de choisir ce qu’on voit mais bel et bien à l’internaute de décider ce sur quoi il clique ou non. L’algorithme opère alors et décide de ne montrer que des publications sur lesquelles il serait susceptible de cliquer.

La décision nous revient donc bien à nous, internautes : comment devons-nous nous comporter sur internet ? Et, sur une note pour le moins sombre, concluons avec la phrase de Mr. Palihapitiya : “Maintenant, c’est à vous de décider ce que vous voulez abandonner, à quel point vous êtes prêts à renoncer à votre indépendance intellectuelle.”

 

Sources :

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/12/12/d-anciens-cadres-de-facebook-expriment-leur-culpabilite-d-avoir-contribue-a-son-succes_5228538_4408996.html

https://www.theverge.com/2017/12/11/16761016/former-facebook-exec-ripping-apart-society

https://www.ted.com/talks/eli_pariser_beware_online_filter_bubbles/transcript

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/12/15/qu-est-il-reproche-a-facebook_5230038_4408996.html

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/11/01/facebook-faux-ami-de-la-democratie_5023701_3236.html

https://www.blogdumoderateur.com/facebook-reconnaissance-faciale/

https://www.blogdumoderateur.com/mise-en-demeure-whatsapp/

https://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/l-addiction-aux-reseaux-sociaux-est-elle-comparable-a-la-dependance-a-la-cigarette_1422137.html

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