Peut-on lutter contre les fake news ?

 

Si les rumeurs et fausses informations ont toujours existé et circulé, c’est seulement depuis quelques années et face à l’avènement des réseaux sociaux que le terme de “fake news” s’est installé dans notre quotidien.

fake news

Mais une fake news, c’est quoi ?

Le terme de fake news ne se traduit pas simplement par “fausse information”. En effet, en anglais, la distinction est faite entre “false” et “fake”. L’information n’est pas juste erronée, elle est falsifiée, créée volontairement dans le ton et les codes des médias d’informations traditionnels pour tromper le lecteur.

Aujourd’hui, cette définition se perd de plus en plus avec l’utilisation massive des réseaux sociaux et leurs outils de partage. Mais cette disparition est aussi due à la méfiance de plus en plus importante des lecteurs envers les grands médias.

Finalement, cette notion de fake news reste assez floue dans sa définition et complexe dans sa compréhension. Face à un terme qui implique une notion de relativité, la lutte semble difficile, voir dangereuse.  

Peut-on contrer techniquement les fake news ?

Malheureusement, il n’existe aucun algorithme capable de vérifier la fiabilité d’une information. Il faudrait en connaitre toutes les sources, pouvoir les vérifier unes à unes et les comparer. Un travail complexe qu’aucun calcul ne peut résoudre.

Le 19 janvier dernier, le géant Facebook, premier critiqué pour son impact sur la divulgation de fake news, a déclaré qu’une nouvelle solution de lutte allait être mise en place sur son réseau. Son fonctionnement est très simple ; il consiste à hiérarchiser les informations selon le degré de fiabilité accordé par les utilisateurs. Mais un doute persiste : comment juger de la fiabilité d’une source ? Faut-il prendre en compte sa popularité ? Sa notoriété ? Les utilisateurs sont-ils vraiment aptes à en juger ? La question reste ouverte. En tout cas, ce processus de classification, voire de tri des actualités semble avoir de beaux jours devant lui.

Obstination à résoudre l’aporie

La popularité des fake news durant les campagnes présidentielles, notamment française et américaine de l’année passée, a été source de beaucoup d’inquiétude. Sommes-nous influencés par ces informations truquées ? Si une étude de chercheurs américains tend à prouver que non, les Etats ont tout de même fait retentir la sonnette d’alarme.

En Allemagne, la mesure “NetzDG” ou “loi facebook”, entrée en vigueur ce 1er janvier 2018, oblige les géants des réseaux sociaux à pratiquer une politique de censure sévère face aux fake news. En France, l’élaboration d’une même loi est en ce moment même sujet à débat.

Reste à savoir où mènent ces législations. Devons- nous laisser Facebook et Twitter juger de la fiabilité de nos journaux ? En Allemagne, la revue satirique Titanic (comparable au Gorafi) a ainsi vu son compte Twitter suspendu pour une fake news ironique. Faut-il censurer l’humour ? Face à cette aporie, l’obstination est questionnable.

Reste une solution simple et plutôt efficace qui permet à chacun de déterminer si oui ou non un article semble fiable : vérifier par vous-même l’origine de la news et les sources citées. Si vous êtes dans le doute, évitez de partager l’article en masse sur vos réseaux et de vous associer à une “fake news”.

 

Sources:

http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/19/facebook-annonce-une-nouvelle-mesure-contre-les-fake-news_a_23338470/

https://web.stanford.edu/~gentzkow/research/fakenews.pdf

https://www.courrierinternational.com/une/en-allemagne-les-effets-desastreux-de-la-loi-anti-haine-sur-les-reseaux

 

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