Quels sont les réseaux sociaux les plus utilisés en Asie du Nord-Est ?

Si les géants Facebook, Twitter et Instagram figurent parmi les réseaux sociaux les plus utilisés en Asie actuellement, des applications de messagerie made in Asia leur font sérieusement de l’ombre. Généralement inconnues du grand public en Occident, elles comptabilisent pourtant des centaines de milliers d’utilisateurs de l’autre côté du globe et génèrent des revenus colossaux. Si vous souhaitez vous lancer dans une campagne social media en Chine, au Japon ou en Corée du Sud, vous ne pourrez pas y échapper.
Vous ne connaissez rien au web asiatique ? Pas de panique ! Cet article vous propose un tour d’horizon des réseaux sociaux les plus utilisés en Asie du Nord-Est, afin de savoir sur quelles plateformes miser pour vous lancer à l’international.

Marchés asiatiques : un autre regard sur le numérique

Au-delà des différences quant aux plateformes utilisées, il ne faut pas perdre de vue que les utilisateurs asiatiques ont un rapport au numérique différent du nôtre. Par exemple, en Corée du Sud, pays de l’ultra-connexion, 92%* de la population adulte utilise un smartphone et 84% de la population est active sur les réseaux sociaux (contre respectivement 71% et 58% pour la France) ! Devant de tels chiffres, on est obligé de se poser sérieusement la question de savoir quels réseaux sociaux privilégier dans ces pays et comment les utiliser.

Une autre donnée intéressante est celle de la durée quotidienne moyenne passée sur les réseaux sociaux. En Chine, elle est de 2 heures, contre 1 heure et 22 minutes en France. La Corée du Sud suit avec 1 heure et 12 minutes. Les utilisateurs japonais passent quant à eux moins d’une heure par jour sur les médias sociaux (seulement 48 minutes). Si plus de temps alloué aux réseaux sociaux peut signifier plus d’opportunités en termes de marketing digital, il s’agit néanmoins de bien cibler les plateformes sur lesquelles communiquer et d’y surveiller son e-réputation.

Les réseaux sociaux : Facebook en Corée du Sud, Twitter au Japon

Les réseaux sociaux traditionnels étant absents en Chine, vous aurez fort à faire pour vous adapter au marché chinois. Vous pourrez miser par exemple sur Sina Weibo, une plateforme de microblogage à mi-chemin entre Twitter et Facebook. Pour le Japon ou la Corée du Sud en revanche, le paysage des médias sociaux vous paraîtra presque familier, à quelques différences près.

En effet, que ce soit en France, au Japon ou en Corée du Sud, c’est YouTube qui rafle la première place des réseaux sociaux les plus utilisés, avec près de 70% d’utilisateurs en moyenne sur l’ensemble des internautes. En France, on retrouve ensuite bien évidemment Facebook, avec 65% d’utilisateurs, puis Instagram avec 26% et Twitter avec 24%. En Corée du Sud, c’est Facebook et Instagram qui dominent. La plateforme de partage de photos y est très populaire, avec 13 points de plus que la France, soit 39% d’utilisateurs. Au Japon, Facebook (seulement 34%) est largement dominé par Twitter (45%, soit presque le double de la France !). Instagram suit avec un score similaire à la France de 24%. On peut également noter que Google+ est bien implanté en Corée du Sud, avec 29% d’utilisateurs, soit 1 point de plus que Twitter, contre seulement 21% en France.

En plus des grands classiques, d’autres réseaux sociaux existent aussi. Au Japon, la plateforme de blog Ameba, lancée en 2004, reste aujourd’hui encore très utilisée.

Les applications de messagerie asiatiques

C’est au niveau des applications de messagerie que se situe la plus grande différence entre l’Europe et l’Asie. En effet, les marques et entreprises asiatiques utilisent ces plateformes pour échanger avec leurs clients. C’est un procédé qui commence à peine à se démocratiser en France, par exemple à travers la messagerie privée de Twitter.

Facebook Messenger qui est très majoritaire en France n’est que peu utilisé en Asie. Les Chinois dialoguent presque exclusivement avec le géant WeChat, tandis que les Coréens utilisent Kakaotalk et les Japonais Line. Ces applications fonctionnent sur le même principe que Facebook Messenger et WhatsApp, mais elles se sont toutefois développées pour proposer d’autres fonctionnalités très pratiques comme le paiement sécurisé en ligne chez Line (Line Pay).

L’empire Line

Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de Line et pourtant, cette application de messagerie japonaise est extrêmement populaire en Asie, et surtout dans son pays d’origine, où elle comptabilise 54% d’utilisateurs.

Mais Line, c’est beaucoup plus que cela. L’application, qui développe aussi des jeux, génère des revenus astronomiques grâce à la vente de stickers et de thèmes qui permettent aux utilisateurs de personnaliser leurs conversations. Elle a développé des personnages mignons, les « Line Friends », autour desquels elle s’est peu à peu construit un univers bien à part. Ces mascottes sont tellement appréciées que Line a ouvert des boutiques physiques dans les plus grandes villes d’Asie pour y vendre des produits à leur effigie.

boutique LineFriends

Un Line Friends Store en Corée du Sud – Korea.net / Korean Culture and Information Service (Jeon Han)

 

Grâce à cet empire, Line a généré pas moins de 723 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2014, dont 15% uniquement grâce à la vente de stickers. C’était 70 fois celui de WhatsApp la même année !

L’application a récemment lancé une plateforme de travail collaboratif nommée Line Works, version « business » de Line. Elle permet aux personnes travaillant en équipe de communiquer entre elles et d’organiser leurs tâches, avec notamment un cloud et un système de partage d’écran intégrés. Elle promet également de simplifier la communication entre les entreprises et leurs clients.

Vous l’aurez compris, le marché asiatique, bien qu’en apparence similaire au nôtre du point de vue des médias sociaux, possède des spécificités qu’il est nécessaire de prendre en compte. Les différences se situent avant tout au niveau du rapport que nous entretenons avec le numérique mais aussi de notre conception de la relation client. Dans cette logique, la Chine fait bien évidemment figure d’exception avec son univers numérique à part.

 

* Toutes les données chiffrées citées dans cet article proviennent de rapports sur le digital en 2018 de We are Social, disponibles ci-après.

Pauline Gilg
 

 

Sources (cliquez ici !)

We are Social, Digital in 2018 in Western Europe

https://fr.slideshare.net/wearesocial/digital-in-2018-in-northern-europe-part-1-west-86864045

We are Social, Digital in 2018 in Eastern Asia

https://fr.slideshare.net/wearesocial/digital-in-2018-in-eastern-asia-86866557

Connect with Asia, Quels réseaux sociaux privilégier sur les marchés Asiatiques ? https://connectwithasia.fr/reseaux-sociaux-populaires-asie/

LesEchos.fr, Comment Line, WeChat et Viber rebattent les cartes de la messagerie instantanée https://www.lesechos.fr/20/04/2015/lesechos.fr/02119881008_comment-line–wechat-et-viber-rebattent-les-cartes-de-la-messagerie-instantanee.htm

Le Monde Informatique, Apps de messagerie et bots bouleversent la relation client https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-apps-de-messagerie-et-bots-bouleversent-la-relation-client-66063.html

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

douze + 12 =