Smart assistants : le web de demain ?

Apparus avec la sortie de Siri sur l’iPhone en octobre 2011, les smart assistants ont dans un premier temps été restreints à une utilisation mobile. Trois ans plus tard, Amazon lance Alexa avec son Echo, un appareil pensé cette fois pour être utilisé à domicile. En 2016, Google entre dans la course et présente son nouveau smart speaker Google Home. Après avoir rencontré un succès certain auprès des consommateurs, ils s’étendent bientôt aux télévisions et à votre voiture. Quelle est la raison de cet engouement, et faut-il dès à présent les envisager comme une révolution dans nos habitudes sur le web ? Quelques explications.

Google Home - un smart speaker intégrant Google Assistant

Réelle utilité ou effet de mode ?

Mais quel est le principe de ces smart assistants au juste ? Les smart assistants regroupent des fonctionnalités intégrées aux appareils, et permettent par le biais de la reconnaissance vocale de lancer des fonctions à distance. Ainsi, il est par exemple possible de les utiliser comme alternative au traditionnel combo clavier/souris (ou aux écrans tactiles) pour lancer une recherche, envoyer un message, ou encore ajouter un rendez-vous à son agenda. L’assistant est capable de répondre à l’utilisateur grâce à une intelligence artificielle plus ou moins aboutie dotée d’une synthèse vocale. En bref, les smart assistants ont pour objectif principal d’apporter une réponse immédiate à ce que vous avez en tête.
Un concept très séduisant sur le papier, qui a sans surprise connu un franc succès auprès des consommateurs. Les ventes se sont très rapidement envolées : cadeau incontournable à la fin de l’année 2017, certains sites vont même jusqu’à publier des articles intitulés « Pourquoi tout le monde devrait posséder un Google Home, Amazon Echo, ou Apple HomePod ». Mais ces appareils, sont-ils vraiment si utiles qu’on le prétend ?
La plupart des appareils actuellement en vente sur le marché sont en réalité limités à une liste de fonctions prédéterminées, qui déclenchent une action lorsqu’une requête connue est identifiée. Les autres questions n’obtiendront pour réponse qu’une lecture des résultats en tête des moteurs de recherche dans le meilleur des cas, ou seront tout simplement incomprises par l’assistant. À leur niveau actuel, ils seront donc dans la plupart des cas considérés comme des gadgets amusants plutôt que comme véritablement pertinents.

Quel avenir pour ces services ?

Devant l’essor fulgurant que connaît cette technologie (Google Assistant serait à lui seul désormais présent sur 400 millions d’appareils Android), Google et Amazon se livrent bataille pour s’imposer sur ce nouveau marché. Une bataille tournée vers l’avenir qui passe surtout par l’innovation constante, une nécessité négligée par Apple qui en subit les conséquences faute d’avoir suffisamment fait évoluer Siri, aujourd’hui vivement critiqué pour ses performances médiocres en comparaison avec la concurrence.
Les géants du web cherchent également de nouveaux domaines d’applications à ces assistants pour les rendre à terme omniprésents, notamment là où les fonctions sont plus limitées et où l’interaction avec une interface est indésirable. Par exemple dans les voitures, où ils permettraient de rester concentré sur la conduite, sur les télévisions, permettant ainsi de se dispenser d’une télécommande, ou encore dans des domaines complètement nouveaux comme les lunettes de réalité augmentée.
D’autre part, l’ajout de plus en plus de fonctionnalités prédéfinies contribuera également à donner l’illusion d’une intelligence plus poussée. Il est envisagé que ces nouvelles fonctionnalités puissent contrôler divers objets connectés, l’IoT étant de plus en plus présent dans les foyers.
Enfin, il est probable que ces assistants, également présents sur les tablettes et smartphones, accompagnent le déclin des ordinateurs « fixes » et portables au profit du format mobile. C’est du moins ce que pensent certains spécialistes du SEO, qui encouragent d’ores et déjà à s’y préparer en optimisant son site pour se positionner sur ces requêtes d’un nouveau genre.

Il semblerait donc que les smart assistants soient voués à un avenir prometteur, en dépit d’une efficacité pour l’instant discutable, pouvant être attribuée au fait que cette technologie n’en est qu’à ses balbutiements. Principale ombre au tableau : la méfiance de certains utilisateurs vis-à-vis des données recueillies. Après internet et l’historique, complété par les smartphones et la localisation géographique, les smart assistants se présentent comme l’occasion rêvée pour les marques d’en apprendre toujours plus sur notre quotidien, aux fins d’un marketing toujours plus ciblé et agressif.

 

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